Du bonheur dans les oreilles


Studio / mercredi, octobre 31st, 2018

Quatre titres qui vont feront bouger, quatre titres d’auteurs connus pourtant de rares petites pépites… Traversant tous les genres musicaux, nous passons de Gainsbourg à Mac Cartney dans la satisfaction d’une composition talentueuse, l’authenticité et la simplicité. De quoi nous mettre de bonne humeur dans l’hiver froid qui s’annonce…

Ce mortel ennui- Serge Gainsbourg

Titre au nom pas ravissant certes ! Mais une véritable petite douceur pour les oreilles. Ce morceau de jazz est extrêmement bien composé musicalement : la ligne de contrebasse guide le morceau par son rythme rebondi, l’air au piano dissonant donne un fond cocasse au tout (son solo bien jazz nous ravira). Une teinte de xylophone et quelques riffs de guitare électrique viennent donner au morceau une teinte de gaieté. L’air principal reste en tête et nous donne bien envie de le sifflet dans sa salle de bain !

Le texte n’est pourtant pas gai en lui-même : il traite de séparation amoureuse. Mais le langage est si bien manié par Gainsbourg qu’il en devient moqueur, comique presque. De nombreuses expressions, jeu de mots, clin d’œil peuplent ce petit bout de texte. Un texte pourtant tragique, mais plein de chutes et de rebondissement dans la manière dont il est prononcé. Du vrai Gainsbourg, comme on l’aime. Et un clip de 1964 conceptuel, avant gardiste, presque contemporain : on pourrait presque y voir un sens caché, comme la moue de Gainsbourg face à tant d’admiratrice à cette époque…

Clin d’œil philo : Ce texte peut être mis en relation avec la philosophie de Schopenhauer, comme la si bien fait France Culture dans Les chemins de la Philosophie. Sans approfondir, Schopenhauer trouve la vie fondamentalement ennuyante et défend l’amour comme une tromperie de l’espèce et de la nature pour que l’Homme continue à se reproduire… L’amour serait donc inexistant, mais un subterfuge de la nature. Des références que l’on peut retrouver dans ce titre !

 

Le Surf des Loutres- Maurice Jarre

 

Maurice Jarre est un compositeur qui n’est pas un inconnu du grand public : il a notamment composé pour les films « Le cercle des poètes disparus » et une version de « Mad Max », et beaucoup d’autres films français. Ici le surf des loutres a été composé pour un documentaire animalier (sans blague !) avec Frédéric Rossif. Morceau très peu connu : il ne compte que 80 vues sur Youtube… Entendu pour la première fois sur France Culture, comme toujours.

Son air amusant nous donne une envie de twister immédiate ! Bonheur instantané, le rythme et les percussions est palpitant. Un air qui fait rire, qui donne envie de danser, au départ très calme : il se révolte tout à coup et devient enjoué, palpitant. La ligne de contrebasse rebondit : on peut presque sentir la petite frimousse des loutres qui glissent sur l’eau… On voyage, on rit, on redevient enfant et l’on danse.

Un seul petit bémol : le morceau est bien trop court pour qu’on puisse en profiter pleinement…

Zebra- Cesaria Evora

On reste dans le thème des animaux avec « La diva aux pieds nu » comme on l’appelle, Cesaria Evora, chanteuse de morna coladeira cap-verdienne. On connait surtout le titre Sodade qui est familier à l’oreille de beaucoup d’entre nous. L’ambiance du morceau lui est propre : on voyage au son des guitare et du djembé dans un autre pays. Le saxophone ajoute au tout une petite touche dandy, langoureuse : on est transporté dans un petit café jazz ou à l’autre bout du monde selon les interprétations.

Black Birds- Paul Mac Cartney

Du Paul Cartney tout craché! On reconnait sa patte musicale des les premiers airs. Ce morceau guitare-voix est d’une simplicité si agréable que l’on se sentirait presque comme à coté du chanteur, un dimanche matin avec son café… Je vous conseille d’ailleurs de l’écouter lorsque vous vous devez du pied gauche : cette authenticité vous mets dans un bon mood en quelques secondes. Les arpèges sont bien choisis, et l’on entends Paul Mc Cartney taper du pied, comme s’il était juste là, près de nous…

Le chant de l’oiseau ajouté à la fin de la version remastérisée ajoute du cachet à l’ensemble et nous plonge dans une nature verdoyante, ensoleillée… Autrement c’est un gloussement malicieux de Paul qui termine l’écoute.

Mais cette chanson ne s’arrête pas à son petit air sympathique, elle a bel et bien une forte symbolique. Paul Mac Cartney a écrit cette chanson juste après assassinat de Martin Luther King. Les « Black Birds » symbolisent les femmes noires qui prennent leur envol, leur liberté en main : il les incitent à s’envoler et à réaliser leurs rêves, alors qu’elles étaient depuis longtemps silencieuses sur leurs droits.

 

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