Je l’aimais- Anna Gavalda : succès ou échec?


Galerie, Littérature / dimanche, mars 31st, 2019

Roman à succès, histoire de cœur qui touche la majorité de ces lecteurs, Je l’aimais d’Anna Gavalda n’a plus son nom à refaire. Alors, à lire  ou à jeter ? 

Notre réponse est sans appel : à lire ! 

Après de maintes recommandations, par plusieurs personnes, nous avons enfin décidé de lire ce fameux « je l’aimais ». Le topo, une femme, Chloé, ses deux filles, abandonnées par Adrien qui se sépare de Chloé pour une autre femme. Chloé trouve refuge un temps chez les parents d’Adrien. Elle se retrouve quelques jours seule avec Pierre, son beau père. Pierre d’ordinaire reste silencieux, absent, presque inactif, le bien-pensant même qui n’agit pas, un père respectable qui semble pourtant déçu de la vie: ce qui a le don d’horripiler Chloé.  D’autant plus que Pierre défend la décision de son fils: celle de partir. Insupportable pour Chloé qui ne cherche qu’un réconfort, que quelqu’un qui va dans son sens et qui lui donnerais un peu d’espoir. 

Entre discorde et camaraderie, nos deux protagonistes se retrouvent une nuit, près du feu de cheminée, imbibés par l’alcool. Chloé explose d’incompréhension face à Pierre, qu’elle nomme avec désinvolture « le vieux con ». Pierre décide donc de lui raconter son histoire, qui justifie la défense de son fils et son comportement depuis tant d’années, sa seule véritable histoire d’amour, en somme la plus grande erreur de sa vie: celle d’être resté. 

Ce livre est notre coup de cœur du mois: on accroche tout de suite à ce style familier qui nous mets à la place de Chloé, avec des sentiments et des pensées que nous avons tous et toutes eues un jour. Nous sommes plongés dans l’histoire dès les premières lignes et il est vrai de dire que le roman se lit excessivement vite (une soirée ou deux, pas plus). Écriture fluide, claire, suspens, intrigue, curiosité, tout y est, nous plongeons comme un petit poisson dans l’eau au coeur de ses pages vivantes et humaines : nos deux personnages atypiques sont si touchants que l’on s’y identifie presque instantanément. 

Cette discussion retranscrite est en réalité avant tout une discussion entre deux humains plutôt qu’entre deux personnages. Elle transmet des valeurs et une réflexion qui sont fondamentales sur le bonheur d’autrui et sur le bonheur personnel : ce qu’en somme, toute personne recherche. Comment faire les bonnes décisions ? Comment éviter les regrets ? Comment gérer les dilemmes de la vie ? Partir ou rester ? Des questions existentielles auxquelles le roman apporte deux perspectives : celle de celui qui est resté et qui regrette toute sa vie, celle de celui qui est parti et qui le regrettera peut être, seulement, quelques mois de son existence. Le malheur de Chloé disparaît lorsqu’elle comprend en quoi l’audace de son mari est positive, lui rend un sourire léger malgré son cœur brisé. Elle comprend enfin. Et ne regrette rien. Comment ne pas être touchés par cette histoire et comment ne pas garder en tète ce point de vue pour le peu atypique? Une pensée qui est à méditer.

Il paraît évident que si quelqu’un vous quitte pour une autre personne, ne ressentir aucune haine, ni jalousie, ni tristesse semble compliqué. Comment pardonner l’impardonnable ? En réalité, si l’on pense un petit peu moins à sa propre personne, si l’on souhaite vraiment le bonheur d’autrui, nous pouvons facilement nous dire « effectivement, je préfère que cette personne parte de ma vie en causant des souffrances qui ne seront que temporaires, plutôt que d’y laisser le bonheur pour de bon en restant. » Cependant le roman souligne bien qu’il faut une sacré dose de courage pour partir et engendrer tant de désagréments dans la vie d’autrui. On ne pense qu’au côté « personna non grata  » de la chose : ce roman remet les choses en place et les pendules à l’heure en disant « on oublie souvent que celui qui pars prends beaucoup de responsabilités en agissant ainsi , et assume la chose » ce qui est loin d’être facile. Être libre, c’est loin d’être facile. 

 

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