La fille cactus: une bande dessinée douce amère


Galerie / jeudi, janvier 17th, 2019

Dénichée sur Instagram, elle ne pouvait pas passer inaperçue et échapper à sa place dans notre rubrique galerie. La fille cactus, aussi connue sous le nom de lady post vitae, nous emmène dans son univers fantastique aux créatures touchantes, entre une esthétique soignée et un concept innovant. Toutes les images sont publiées sous l’autorisation de l’artiste et sont sous droit d’auteur. Merci de ne pas les emprunter! 

Esthétique et coup de crayon

Entre graphisme et bande dessinée, c’est d’abord le côté visuel, l’esthétique de cet art qui se remarque. On lie facilement l’artiste et sa patte, sa touche personnelle, bien particulière et bien à elle, qui forge l’identité de son art.Cependant nous pouvons remarquer quelques influences ou inspirations, avec certains personnages tirés des studios Ghibli (les sans-visages), ou dans l’esthétique des traits, un air de production Ankama.

 

Dans un univers aux tons sombres, automnaux et chaleureux (marrons, kaki, oranges), la nature, les animaux et créatures mythologiques s’animent. Pour les humains, il n’y en a qu’un seul, l’auteur elle même: on reconnaît son autoportrait. Les traits en sont grandement travaillés, ainsi que les formes physiques: le nu partiel fait partie de certaines planches, avec les jambes et les bras comme partie de prédilection. Un gros travail sur le personnage semble être fait en amont.

Ce que l’on remarque le plus, c’est l’ambiance: douce, réconfortante, comme un café latté dans un bar jazz (dont l’artiste dit d’ailleurs s’inspirer): bienvenue dans le formidable cocon d’un monde parallèle. 

Pour le plan technique, les dessins sont effectués essentiellement par croquis manuels, la couleur par ordinateur ou par aquarelle. Les croquis des planches sont disponibles sur son site web, si cela vous intéresse. 

Un univers bourré de sens

Dans cet univers adorable visuellement parlant, il y a bien évidemment un sens plus profond, plus noir peut-être. A travers ces personnages fantastiques ou mythologiques, la fille cactus exprime certains problèmes psychologiques, des passions fortes: chaque personnage est une allégorie, incarnant un sentiment. Dans trois projets différents, dont le dernier est en cours, 3 bandes dessinées ou albums, la trame de fond interroge sur des sujets plus graves et froids que la chaleur du dessin: la peur, le souvenir, le suicide, la recherche de soi, l’isolement, l’innocence perdue, ou encore l’insomnie, incarnée par les fantômes. Icar, personnage clé, pare la solitude et est un peu le personnage qui accompagne partout la jeune protagoniste: c’est « L’homme de sa vie ». En plongeant dans ce monde parallèle où fantômes et créatures cohabitent, nous avons l’impression d’entrer dans les constructions mentales que la protagoniste se fait, comme nous l’avons tous fait un jour: des amis imaginaires, un monde inventé pour se sentir moins seule, mettre un mot, un visage sur des sentiments désagréables mais malheureusement trop familiers, comme pour réussi à vivre avec et se réconforter. L’auteur dit mettre en image les sentiments des vivants, et certains personnages, (dont Icar), ont le rôle d’anti dépresseurs, dans une société contemporaine individualiste adaptée à si peu de personnes. Le personnage principal avance dans cette société quelque part dénoncée par l’auteur, au grès de ses problèmes de cœurs, de sa vie quotidienne, une vie imaginaire, mais qui transmet si bien ce que certains d’entre nous vivent chaque jour: la guerre dans l’esprit, la solitude, la difficulté à vivre avec soi et avec les autres. Un brin philosophique, le but de cette bande dessinée est avant tout de nous remettre en question.

Le concept, l’histoire, révèlent la vie d’une jeune femme profondément touchante.

Qui est-ce?

Chloé Sibileau, 22 ans, est une illustratrice freelance connue sous le nom de lady post vitae sur les réseaux sociaux. Après un Bac pro AM, elle passe un diplôme national de l’art à l’EESI: un parcours classique, mais formateur. Plus récemment, elle a collaboré avec la photographe Manuella Marques. Elle décide d’ouvrir La fille cactus, le site éponyme de son second pseudo, afin de regrouper ses planches et d’expliquer plus en profondeur son travail, d’ordinaire publié sur Instagram avec de très jolies citations.

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