Les mots: philosophie originale


Littérature / jeudi, mars 7th, 2019

Si l’on vous dis philosophie française, si l’on vous dis classique, si l’on vous dis existencialisme, si l’on vous dis jean-paul, vous pensez très rapidement à Jean Paul Sartre. Auteur à la renommée qui n’est plus à faire, Sartre incarne le philosophe résitant français qui nous rend responsables de nos existence par excellence. « Huis clos », son oeuvre théatrale a d’ailleurs donné son nom au genre de pièce qui ce passe dans un seul et même espace restreint. « La nausée », « Les mouches », « L’enfer c’est les autres », ces titres et ces mots ne vous sont certainement pas inconnus. Mais aujourd’hui nous nous penchons sur une oeuvre qui est loin d’être la plus lue. « Les mots », son autobiographie, nous emmènent au coeur de son existence, entre lecture et écriture

Des références à en pleuvoir

Lire Sartre est souvent simple Mais cela est d’autant plus intéressant si l’on comprend toutes les références auquelles il fait allusion: on se sent comme dans le même univers de connaisances de ce dernier. Un peu de vocabulaire philosophique, et beaucoup de référence à des philosophes qui étrangement s’opposent complètement à son courant de pensée: moquerie, sarcasme, auto dérision? Entre Sartre parler de « Sur moi » comme Freud le ferait relève de l’invraisemblabe, quand l’un prône la responsabilité sans faille de l’humaine face à son existence, et l’autre une part d’inconscient dans nos actions, et de déterminisme… 

Sartre parle avec un vocabulaire psychanalitique qui montre sa faculté à être réversible, ouvert dans son écriture, sa capacité à s’adapter, à modeler son propos sur un courant de pensée auquel il n’appartient pas, et auquel il s’oppose. Cela montre demande une capacité à modeler la langue et à modeler sa pensée qui n’est pas donné à tous, et qu’on retrouve rarement chez le commun des auteurs. 

Des références, Sartre en propose également à travers des détails historiques, propres à l’époque à laquelle il a vécu: on ne peut comprendre cette autobiographie pleinement qu’en connaissant le contexte historique dans lequel Sartre a vécu, qu’en connaissant un peu sa vie auparavant, ses temps forts, ses expériences, son expérience politique notamment, qui l’a grandement influencé et dont on retrouve toujours des traces dans son écriture. Sartre ose également le jeu de mots, et emprunte une petite dose de vocabulaire au domaine de la philosophie, mais seulement une pincée qui parsème son oeuvre, afin qu’elle reste, comme toujours, accessible: ce n’est pas pour rien que Sartre est l’un des auteurs les plus appréciés en terme de philosophie. 

Une originalité d’écriture surprenante

Au detour d’une phase, d’un passage, vous vous surprenderez à relire plusieurs fois une phrase tant sa signigication, pourtant très claire, vous surprend. Des bouts de phrases qui se détachent de tout le reste et qui sont audacieuses vous laisseront bouche bée, le sourire au coin des lèvres. Le cru, le gore, le millième degrès, l’exagéré, le hautain comme l’autodérisoire, Sartre ose tout. De surprise en surprise, l’on se demande au fil des pages quel tour lui reste-t-il donc dans son chapeau. Parler ouvertement de vers qui dévorent les yeux  d’un cadavre, comme si cela était tout à fait commun, reste surprenant aujourd’hui: c’est dire si cela l’était à l’époque. Jean Paul Sartre va plus loin dans l’originalité, en se psychanalysant lui même enfant, analysant une façon de penser dont il ne peut avoir que quelques brides de de souvenirs. Il se critique, se hait presque, mais avec un détachement imparable: on pourrait croire qu’il ne parle pas de lui même, comme s’il détaillait le comportement d’un petit être complètement aléatoiree, choisi au hasard. On pourrait même croire qu’il ne s’agit pas de lui… Cela montre bien comment sa pensée au moment où il écrit, diverge de celle qu’il analyse. L’aspect généalogique du début de l’oeuvre parait d’ailleurs relever plutôt de l’histoire et la science que les simples rapports humains qu’il a pu suivre, de près ou de loin, avec les personnes de sa famille. Petit observateur détaché de ses sentiments et de son être, il analyse alors qu’il n’est encre qu’enfant. Une prédestination à son futur métier peut être? 

Qui c’est? 

(Eingeschränkte Rechte für bestimmte redaktionelle Kunden in Deutschland. Limited rights for specific editorial clients in Germany.) ‘Simone de Beauvoir, French writer, with Jean-Paul Sartre – 1948 (Photo by ullstein bild via Getty Images)

Allons, allons, vous demandez vous réellement qui est Jean Paul Sarte? Il serait facile de dire qu’il faut lire son autobiographie pour le savoir mais, comme nous l’avons dis, il est important de connaitre quelques bases avant de s’engager dans la lecture de cette oeuvre. Jean Paul Sartre né en France au sein d’une famille aisée. Il perd son père très jeune et n’en gardera aucun souvenir: il vit donc seul avec sa mère, chez ses grands parents. Il est rapidement absorbé par les livres de son grand père, et grandi à l’abri de la société. Quand il rentre à l’école, l’enfant prodigue est plongé dans le réel, au coeur d’enfants dont il subit la violence. Il deviet très bon élève, bien qu’un peu chahuteur, avec son ami Paul Nizan. Il rentre en kagne puis en hypokhagne, et lit énormément: plus de 300 oeuvres par an. Il devient ensuite professeur de philosophieaprès avoir passé l’agrégation au coté de Simone de Beauvoir, un professeur qui autorise les élèves à fumer en classes et qui ne corrige pas les copies. Il est ensuite appelé à participer à la guerre, et devellope une seconde vie derrière les tranchées, donnant des cours, organisant des pièces de théatre. Il s’engage auprès de groupes de résistance. De retour à son métier de professeur, il commence à écrire ses oeuvres les plus connues dont La nausée, L’être et le néant, dans une période noire de sa vie. Il devient pape de l’existencialisme, mouvement philosophique qui responsabilise l’Homme. Il crée avec Simone de Beauvoir et d’autres philosophes la rubrique des Temps Modernes, qui aborde des sujets d’actualité d’un oeil philosophique. Le couple Sartre Beauvoir s’engagera beaucoup à l’étranger, Sarte notamment par son attrait pour le communisme: il effectue de nombreux voyages en URSS, soutient le régime de Mao en Chine. Il s’engageront aussi pour l’Algérie. Cependant, Sartre est rongé par une prise de médicaments qui le feront lentement mourir. Il meurt en 1980, des milliers de personnes viennent à son enterrement. 

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