Prana: un spectacle de danse visuel surprenant


Galerie / dimanche, février 17th, 2019

Spectacle de danse chorégraphié par Emilie Charles, exécuté par les danseurs professionnels de la compagnie de danse Améthyste, Prana est, comme son nom l’indique, un spectacle dédié à l’Energie. Voyage à travers des tableaux aux ambiances hétéroclites et multiples, Prana est la construction d’un univers bien particulier au sein de l’art de la danse, que nous vous invitons à découvrir aujourd’hui.

« Prana », si vous ne le savez pas, viens du terme sanskrit « Pranayama » signifiant « l’énergie ». Généralement employé au service de pratiques indiennes telles que le yoga, Pranayama fait écho à l’energie qui circule dans le corps : par exemple, si vous vous tenez dans une position éprouvante physiquement, comme la planche, la chaise, vos muscles vont se mettre à trembler, vous secouant de part et d’autre : vous expériencez prana ! Car avant d’être un mouvement, ou une entité, le pranayama est une expérience que vous vivez au sein de votre propre corps, de votre respiration (de nombreuses techniques de respirations en portent d’ailleurs le nom), mais que vous pouvez aussi vivre à travers les autres , quand ils vous transmettent leur énergie. Ce moment ou vous sentez ce que quelqu’un ressent, son bonheur, son énergie en somme : là encore, vous ressentez Prana. Energie de la vie, du mouvement, des corps, des champs magnétiques, Prana nous entoure au quotidien sans même que nous le remarquions.

La compagnie Améthyste et sa chorégraphe Emilie Charles se sont basés sur ce principe. En effet, quoi de mieux que la danse pour jouer avec cette énergie ?

Première partie présentée en septembre 2018, le spectacle sera présenté intégralement en avril. C’est donc la première partie de Prana que nous vous présentons aujourd’hui.  

Chaque tableau constitue une forme de cette énergie aux mutliples facettes, accompagné par une musique et une lumière soigneusement choisie. On entre tout de suite dans le vif du sujet avec un morceaux de Pink Floyd, Shine on you crazy diamond , qui nous donne l’impression de voltiger dans les airs. Lumière bleue et aérienne, le souffle est grandement mise en avant dans cette première partie.

 

Le second tableau nous change radicalement d’ambiance voir de pays, tout comme ceux qui suivrons : lumière orange et arabesque nous emmène en Inde. Des positions de méditations et de yoga prennent place, au son d’une musique indienne. Au fur et à mesure des tableaux, nous serons marqués par un jeu de miroir dont la technique est très surprenante : ce n’est qu’au bout de quelques minutes que nous nous apercevons que le miroir central du triptyque n’est qu’un vide ou quelqu’un de l’autre coté de l’installation joue le reflet. Certains tableaux mettent en scène des pulsions qui transforment les danseurs en pantins désarticulés, personnages de verre marchant en équilibre sur la pointe de leurs orteils.

Nous serons aussi surpris par le final où la transe, qui est quelque part, en lien avec l’énergie, comme l’énergie pure en elle-même, prends place : sons électroniques de dubstep, sauts rythmés et scène qui semble représenter la folie,  au grès d’une lumière verte rythmée et épileptique, nous plongent dans un univers qui prends tout à coup une autre tournure, à laquelle on ne s’attendait pas du tout !

Le ressenti

 

Prana est donc une énergie à transmettre. Cependant, ce spectacle joue énormément sur l’esthétique et sur le visuel, bien plus que sur la transmission au spectateur. Notre avis fut d’abord mitigé quand à l’impact de ce spectacle : certes, c’était très joli, très technique, parfait visuellement…Mais que peux on en tirer plus profondément parlant ? Nous n’avons rien ressenti de particulier en allant voir ce show, de quelque manière émotionnelle que ce soit : pourtant, la catharsis que procure un spectacle de danse est un des éléments essentiel pour son appréciation et sa compréhension. Nous ne savons donc pas si nous n’avons pas compris le sens profond du spectacle, son message, où s’il n’y en avait pas de manière volontaire, par choix de privilégier la technique… ce qui serait dommage avec le nom de « Prana » : on s’attends à ressentir des tourbillons dans nos estomacs, de l’énergie partagée ! Cependant cet avis a changé après le visionnage du trailer du spectacle, où les danseurs sont filmés de près : nous nous sommes rendus compte qu’il ne s’agissait pas d’une erreur d’interprétation des danseurs, qui dansent corps et âmes. Ce n’est donc pas une question d’interprétation, qui est très réussie. Il semblerait que la Prana de ce spectacle soit surtout ressentie sur scène, par les danseurs : la lumière et le son prennent certainement le pas sur le coté humain qui nous aurait fait ressentir plus. Comme si cette humanité débordante aurait été bloquée sur scène, entre les danseurs, par l’effet visuel qui a pris toute la place dans l’œil du spectateur.

C’est ainsi que ce spectacle pose de nombreuses questions : faut il considérer le visuel plutôt que le ressenti ? Comment trouver un équilibre entre les deux, et cela pour toutes les formes d’art ? 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *