The Umbrella Academy: une série pseudo originale


Box-office / jeudi, février 28th, 2019

Vous avez peut être vu la bande annonce sur TF1, ou encore entendu pas mal de monde en parler sur les réseaux sociaux, ou même autour de vous : la nouvelle série Netflix tant attendue est sortie ! The umbrella academy, adaptation de la bande dessinée de Gerard Way et Gabriel Ba qui est, elle, beaucoup moins connue. La bande annonce fait tout de suite envie : nous démêlons aujourd’hui les points positifs et négatifs du premier épisode.

Gerard Way, ancien chanteur du groupe de punk-rock My Chemical Romance à la renommée mondiale, arrête après une carrière solo de courte durée (1 album) de faire de la musique pour retourner à sa passion première : les comics ! A la base dessinateur, il invente l’histoire de la bande dessinée, mise en image par Gabriel Ba, dessinateur brésilien. Cette bande dessinée, ce sont surtout les fans de Gerard Way qui la lisent au début, puis elle commence à toucher de plus en plus de monde, de 2007 à aujourd’hui.

The umbrella academy raconte l’histoire de 7 enfants adoptés par un milliardaire russe excentrique. Jusque-là, rien de bien particulier, exceptés qu’ils sont tous nés le même jour, au même moment… et que leurs mères n’étaient pas enceintes le matin même ! L’univers prend place en 1977, l’année de naissance de gerard way. Ces enfants ont tous un pouvoir particulier, un talent : parler au morts, maitriser le lancer de couteaux, se téléporter (dans l’espace et dans le temps), ou encore manipuler les esprits à l’aide de rumeurs. Le milliardaire décide donc de racheter 7 de ces enfants particuliers, et fonde « l’umbrella academy ». Ces minis justiciers sont désormais à l’affut pour sauver le monde comme des héros : ils ont tous un pouvoir, sauf une, numéro 7 (évidemment). On retrouve un peu le principe de miss pérégrine et les enfants particuliers…  ou encore de matrix ! La véritable trame démarre à la mort du milliardaire, où les enfants se retrouvent après des années : ils se sont construits des vies différentes, mais se réunissent. Un mystère persiste : pourquoi père est il mort sans son monocle qu’il porte toujours ? Plus tard, un second mystère démarre : la fin du monde est prévue dans 8 jours selon numéro 5, capable de voyager dans le temps.

Suspens ! dira-t-on. Mais pourtant, ce suspens ne nous mets pas tellement l’eau à la bouche.

Pourquoi ce premier épisode a tout pour être regardé et accrocheur

La production Netflix, nous la connaissons bien après ses séries à succès : une lumière parfaite, des plans toujours intéressants, des bonnes musiques, des univers identitaires et des intrigues accrocheuses. Cinématographiquement parlant, il n’y a pas, Netflix fait peut être usine américaine mais les professionnels qui se cachent derrière chaque cadrage, chaque plan, chaque mise en scène ont plus d’un tour dans leurs poches pour rendre la série magnifique visuellement. La bande annonce quant à elle a tout pour être accrocheuse : musique entrainante, reprise des Bangles par Gerard Way (évidemment), qui accroche l’oreille quand elle passe à la télé, une rapide présentation de l’intrigue qui souligne son coté original, des plans qui s’accélèrent, avec de l’action, du surprenant, et bien sûr, une jolie chute à suspens à la fin comme on les aimes. Aucun doute, nous allons regarder et aimer cette série !

 

Le public ciblé est d’ailleurs caractéristique de la jeunesse actuelle, qui passe plus ou moins son temps à regarder des séries. En effet, le simple nom de Gerard Way, qui a réinterprété les musiques utilisées pour la série en collaboration avec d’autres membres de My Chemical Romance (chansons qui furent publiées à l’avance, très bon teaser), amasse un bon public, avec le symbole de celui qui revient sur le devant de la scène, mais derrière la caméra. « Il est de retour ! »

Le casting aussi fait son effet : Ellen Page, actrice militante LGBT connue pour sa belle interprétation et son engagement, vise le même public que Gerard Way : une jeunesse un peu punk rebelle, dont les stars préférés pas très connues font une série. Par ailleurs le personnage de Klaus, excentrique qui ne rentre dans aucun case, permet à ce public « différent » de se sentir reconnu… et de s’identifier !

La série a donc tout pour réussir aux premiers abords de ce premier épisode.

Ce qui ne fonctionne pas

Cependant il y a bien des choses qui rendent ce premier épisode moins appréciable qu’il ne l’est vendu. En effet, l’univers de The umbrella academy empile les intrigues passées et repassées : les supers pouvoirs, sauver le monde dans un temps restreint, un personnage différent des autres,  rien de très original dans tout cela alors que la manière dont cela est abordé dans le comic l’est beaucoup plus. Une intrigue bateau pour laquelle on en fait des caisses : le premier épisode nous laisse largement sur notre faim, un peu trop, ce qui fait presque disparaitre l’envie de continuer puisque le spectateur reste au final trop dans le flou et l’inconnu.

Le flou, c’est d’ailleurs ce qui nous a le plus posé problème à propos de l’univers. Chaque série a son univers bien à elle, son époque, son genre, en bref, des éléments qui vont dans le même sens et qui rendent la série cohérente, donc vraisemblable ou tout du moins logique. Par exemple, si l’on vous parle de Sherlock Holmes, de Stranger Things, ou encore de Friends, vous avez tout de suite l’univers en tête. Celui de l’Umbrella Acedemy reste pourtant flou, à cause de nombreuses incohérences : pourquoi un singe sorti de la planète des singes en majordome ? Pourquoi tant d’époques sont mélangées ? En réalité, on pourrait croire que les réalisateurs ont voulu faire trop dans l’original, s’inspirant de toutes les séries à succès déjà passées, pour en faire un combo parfait qui tourne malheureusement au bougli boulga où on ne sait plus trop sur quel pied danser.

 

Ce premier épisode ne respecte donc pas du tout la fonction primaire d’un incipit, d’une mise en bouche : d’ordinaire, on place le décor, le contexte, les personnages, l’action, l’élément perturbateur et le début d’une intrigue : cela permet au spectateur de connaitre tout de suite le genre de l’œuvre, vers quoi il se dirige, et de lui donner envie de continuer. Mais ici, le spectateur reste dans le flou, incapable de définir un univers peut être victime de son originalité, et pas si excité de regarder la suite que cela. Mais qui sait ? Selon de nombreuses interviews, le principe de the umbrella academy est celui du chapeau magique : on en découvre un peu plus à chaque fois, avec encore de nouvelles intrigues insoupçonnées, des nouvelles choses qui surgissent de nulle part : on nous explique tout, petit à petit pour nous tenir en haleine… Faudrait il seulement que le premier épisode nous mette la puce à l’oreille pour regarder dans le chapeau ! On espère ne pas tomber sur un lapin….

La suite aux prochains épisodes !

 

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