Tschabalala Self: corps, art et textures


Galerie / dimanche, décembre 9th, 2018

Vous êtes-vous déjà sentis déstabilisés devant l’art du nu ? Peu habitués, surpris, mal à l’aise, es réactions sont multiples. Tschabalala Self est une artiste qui vous fera peut-être changer de réaction avec son travail sur le corps et la texture…

Technique

 Tschabalala self combine dessin, peinture et éléments imprimés avec des techniques de couture et collage pour donner naissance à ses personnages multi dimensions bien caractéristiques.

En utilisant le thème du corps de la femme noire dans la culture contemporaine, elle manipule, détruit, transforme les idées que l’on peut avoir au préalable sur ce sujet. Son objectif : faire évoluer nos esprit pour que l’on soit capables de considérer nos propres corps comme des symboles de force.

Tschabalala démarre d’un dessin en une ligne du personnage qu’elle souhaite. Dans un second temps, elle essaye de créer les dimension du dessin du corps qu’elle créée avec tissus et matériaux. Ces matériaux se sont accumulés au fil des années dans son studio, trouvés dans la rue ou encore chinés. Vielle peinture, anciens vêtements, détritus, tissus de son ancienne maison : tout y passe. L’artiste se concentre sur des œuvres qui ont eu un rôle dans sa vie, une utilité qui forge leur symbolique. Sa méthode de travail est de construire le personnage morceaux par morceaux pour que ces morceaux forment un tout final. L’artiste se base principalement sur son imagination et surtout sur ce que fait ressentir un matériaux au spectateur plus que sur l’aspect visuel : comment cela est symbolique, reconnaissable, abstrait… Elle s’appuie sur le poids psychologique ou physique des matériaux qu’elle utilise pour remplir son dessin.  Cette technique qui joue avec la catharsis, étant donné que les textures, formes, matériaux choisis font écho à votre propre interprétation : ils incarnent des choses liés à vous comme des faits passés, un sentiment. Construire par la forme est son moto, mais c’est aussi sa façon de voir les gens.

Ne se contentant pas de la peinture, l’artiste exploite la sculpture car elle voudrait que la peinture ne soit pas strictement réservé aux murs, mais qu’elle ai une relation avec le spectateur, qui se déplace autour d’elle : la sculpture est dans l’espace avec le spectateur avec le même impact qu’une personne qui se tient debout.

La technique de Tschabalala contre balance le fait que, récemment, la majorité de gens qui font de l’art reproduisent quelque chose qu’ils ont déjà vu . Dans cette technique, elle ne part de rien et n’a aucun modèle à suivre, auquel se référencer : et c’est bien ce qui rends son art innovant !

Un art innovant et symbolique

            

La symbolique de cet art est d’avoir un rapport à l’œuvre et au corps de manière innovante de par les matières utilisés (jusqu’au lait au chocolat !) et sa symbolique. Représenter un corps de femme noire n’est malheureusement toujours pas anodin dans notre société et ces nombreux autoportraits symbolises la façon dont une femme noire vivant dans une société occidentale, notamment aux Etats-Unis, se perçoit elle-même en fonction des jours. La réponse est évidente : comme un être humain, comme toute femme du monde ! L’artiste mets d’ailleurs un accent sur la sexualité de la femme, représentant la femme libre de ses désirs et de ses choix, représentant également une diversité des corps, mais plus profondément une universalité intérieure. Car les nombreuses textures montrent d’une part l’originalité de chaque personne car elle est unique, mais surtout sa particularité, son individualité authentique. Faire ressort l’authentique qu’il y a derrière chaque personne est très intéressant dans la mesure où dans notre société occidentale nous avons plus tendance à se centrer sur nous-même.

Art innovant donc mais également engagé : comme dit précédemment le corps de la femme d’une part, noire d’autre part est un choix symbolique et personnel dans une société où le sexisme et le racisme sont encore bien présents. Le but est de remettre en question nos idées infondées, nos préjugés pour nous faire voir la vie d’un autre angle, que l’on soit ouvert d’esprit ou pas. On peut se demander si l’artiste dans ses autoportraits variés ne montre pas à quel point le regard de la société, qui change chaque jour, peut lui faire voir chaque jour des versions différentes d’elle-même : par exemple, pour un jour où elle se fera complimentée elle n’aura pas la même vision d’elle-même qu’un jour où on la dévisage. Cette partie symbolique et engagée de l’art de Tschabalala montre l’enjeu de la relation intersubjective et son intérêt.

Qui est-ce ? 

Née en 1990 à Harlme, l’artiste a aujourd’hui 28 ans. Elle fit ses études d’art au Yale shcool of art, puis à l’école d’art américaine de Rome, et enfin à Detroit. Un parcours éclectique qui fait peut être la diversité de sa pratique artistique. Elle fait partie de plusieurs collectifs et association liés à l’art et à la peinture, et est reconnue pour ses propos engagés et philosophiques.

 My work explores the emotional, physical and psychological impact of the Black female body as icon, and is primarily devoted to examining the intersectionality of race, gender and sexualty- Tschabalala Self

Mon travail explore l’émotionnel, l’impact physique et psychologique du corps de la femme Noire comme une icone, et est voué à examiner l’intersection qu’il y a entre l’ethnicité, le genre et la sexualité. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *